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février 2019

MÉDIAS

Articles journalistiques

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  • février 21, 2019

Mon domaine d’expertise inclut l’Afrique du Nord et toutes les questions liées aux droits humains, à la culture et à la gouvernance dans les pays de la région. J’écris en anglais, français et arabe:

 

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À PROPOS

À propos

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  • février 19, 2019

 

Nourredine Bessadi est chercheur, consultant et traducteur indépendant. Ses domaines d’intérêt sont les droits humains, les droits des minorités, le genre, l’éducation et la gouvernance d’Internet.

Il a enseigné aux départements de français des universités de Bejaia de Tizi Ouzou pendant plus de 13 ans.

Au printemps 2013, il a participé à une bourse d’éducation civique et de leadership au Maxwell School for Citizenship and Public Affairs de l’Université de Syracuse, aux États-Unis. À son retour en Algérie, il fonda un groupe de réflexion appelé Education in Algeria, centré sur les problèmes de l’éducation en Algérie, prenant l’initiative de créer et d’organiser des formations pour les jeunes, notamment des journalistes, sur les droits humains et la citoyenneté.

De mars 2014 à mai 2015, il a dirigé un projet soutenu par le MEPI (Middle East Partnership Initiative) intitulé: «Enseigner l’éducation civique par l’enseignement des langues (TCELT)» à Babel Language School, Bejaia, en Algérie. Le programme visait à intégrer les notions de citoyenneté active, de démocratie et de participation et de respect des droits humains dans l’enseignement des langues.

Entre août et décembre 2015, il a dirigé un projet soutenu par le Minority Rights Group intitulé «Comment lutter contre le discours de la haine dans les médias algériens». Le projet visait à former 20 journalistes aux outils et techniques de lutte contre le discours de haine contre les minorités religieuses en Algérie.

De juin 2015 à septembre 2018, il a travaillé comme tuteur en ligne du programme MENA chez Minority Rights Group. La formation visait à renforcer les compétences des militants des droits des minorités de la région MENA.

De janvier à septembre 2018, il a travaillé en tant que responsable de la formation chez BBC Media Action, à Tunis. Il était responsable du développement, de la mise en œuvre et de la gestion de toutes les formations et de tous les productions de radio, de télévision, numériques et mobiles proposés par BBC Media Action à différents partenaires en Algérie. Il a assuré la liaison avec le département de recherche sur les actions médiatiques de BBC et le chef de projet pour s’assurer que le plan de formation était conforme aux objectifs du projet et aux besoins en formation des partenaires.

Entre septembre et décembre 2018, il a effectué un travail de consultant de trois mois auprès du HCDH, Suisse, où il a assisté l’équipe de coordination du programme de bourses pour les minorités.

La langue maternelle de Nourredine est le kabyle (Tamazight). Il parle couramment l’anglais, le français et l’arabe.

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«Fake News», lutter contre ou les ignorer?

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  • février 15, 2019

Par Nourredine Bessadi

«Fake News», un mot qui revient de plus en plus ces derniers temps dans le débat au sein de la sphère médiatique mondiale, et ce, particulièrement depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique; ce dernier étant connu pour son penchant à affubler de ce qualificatif toute information n’allant pas dans le sens de sa version des faits et de ses intérêts. Paradoxalement, nombre d’observateurs et de commentateurs de la scene politique américaine affirment que Donal Trump n’aurait pas été élu president sans l’influence des «fake news», notamment sur les réseaux sociaux[1].

Mais au-delà de l’usage disproportionné de ce mot par le président américain, cette question est aujourd’hui d’une grande actualité: comment lutter contre les fake news (les fausses nouvelles)?

De fait, les fausses nouvelles sont un problème pour les politiques: quels moyens politiques ou juridiques mettre en oeuvre pour les éliminer ou, du moins, en diminuer la portée ?

Comme réponses à cette question, deux tendances se dégagent:

– D’abord, il y a ceux attachés aux critères de la vérité : comment distinguer une fausse nouvelle (fabriquée) d’une vraie, quand on n’a pas les moyens de le faire et de le savoir? Est-ce forcément être dans le faux que de les ignorer?[2] Comment critiquer et remettre en cause sans pour autant cultiver une paranoia de la méfiance, jusqu’à tomber dans le révisionnisme? Et questionner le concept de vérité, comme l’ont fait de grands philosophes, de Nietzsche[3] à Derrida, est-ce nécessairement accepter, en retour, le mensonge et les nouvelles fabriquées?

-Et puis, il y a eu une deuxième tendance, née suite à l’annonce par certains États de leur volonté de légiférer sur les fausses nouvelles et qui a soulevé ces questions: qui peut imposer la vérité? quelle vérité ? à quel titre et comment? tous les moyens sont-ils bons pour imposer la vérité ? La morale et la loi ont-ils un poids et une légitimité pour lutter contre les fake news ? Faut-il criminaliser tous les mensonges ? Et dans quelle mesure lutter contre les fausses nouvelles peut-il leur donner une certaine attractivité ?

En effet, combattre les fausses nouvelles, c’est aussi leur offrir des espaces de parole et les alimenter dans la conduite qu’elles présupposent : celle de la méfiance. Car si l’auteur(e) des fausses nouvelles se méfie sans cesse, le consommateur de nouvelles en vient lui-même à adopter cette attitude de méfiance permanente.

Comment donc s’en sortir ? Comment en finir avec la média-paranoïa[4]? Comment se méfier avec modération et accorder sa foi avec prudence ? Cette question, elle est d’abord et avant tout philosophique.

[1] Dewey, Caitlin. 2016. Auteur de fausses nouvelles sur Facebook: « Je pense que Donald Trump à la Maison Blanche, c’est de ma faute! » (Ma traduction), Washington Post, 17 novembre 2016. https://www.washingtonpost.com/news/the-intersect/wp/2016/11/17/facebook-fake-news-writer-i-think-donald-trump-isin-the-white-house-because-of-me/

[2] Pour Masha Gessen , lutter contre les «Fake News» n’est pas la solution:https://www.newyorker.com/news/our-columnists/fighting-fake-news-is-not-the-solution

[3] À ce propos, lire «Le Problème de la vérité dans la philosophie de Nietzsche» de Jean Granier, Éditions du Seuil, 1966.

[4] Joffrin, Laurent, Média-paranoïa, Éd. Seuil, Paris, 2009.

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